Historique

En Slovénie, et avant même l’Indépendance du pays, l’action de la France dans les domaines culturel et scientifique repose essentiellement sur l’Institut français Charles Nodier de Ljubljana. Le 15 décembre 1966, un accord entre la France et la mairie de Ljubljana décidait de la création d’un centre culturel français dans les locaux situés à l’angle de la rue Veselova et de l’actuelle Slovenska 19. Cette décision visait à renouer avec une brillante tradition d’échanges culturels entre les deux pays, entretenue dans l’Entre-deux-guerres par « l’Institut français ». Ce dernier avait ouvert ses portes en 1921, peu de temps après la création de l’Université de Ljubljana en 1919, à l’initiative d’intellectuels slovènes francophiles qui souhaitaient rendre la langue, la culture et la littérature françaises plus familières aux Slovènes. La France envoyait son premier lecteur, Lucien Tesnière (1893-1954), linguiste renommé, auteur entre autres des Elements de syntaxe structurale et des Formes du duel slovène, qui contribua beaucoup à la création de l’Institut et devint son premier directeur, tandis que le célèbre poète Oton Zupancic en devenait le président.

La Seconde guerre mondiale et le remodelage politique de la Yougoslavie titiste qui suivit, interrompirent le fonctionnement de l’Institut et devaient clore pour plus de vingt le premier chapitre de son histoire.

Depuis le 12 octobre 1967, date d’ouverture officielle du centre culturel français – en tant que membre du réseau culturel mis en place dans le monde entier par le Ministère français des Affaires étrangères et européennes – jusqu’à nos jours, les temps ont bien changé. 1er bulletin "papier" du centre culturel, mai-juin 1994 Et cette institution très appréciée des Slovènes pour avoir su, comme en témoignent aujourd’hui encore les visiteurs de l’époque, pratiquer une ouverture sur le « monde occidental », partage le même sort. L’indépendance de la Slovénie (1991) et l’installation de notre Ambassade à Ljubljana (1992) constituèrent un tournant capital dans les relations entre les deux pays et un nouveau défi pour le Centre culturel, qui devenait le vecteur d’une coopération élargie à une multitude de domaines. Ainsi, outre la co-organisation d’événements culturels, le centre se voyait-il confier des missions de coopération dans l’éducation, la recherche scientifique et la technologie (notamment avec la mise en œuvre des programmes PAI Protéus), les médias, l’audiovisuel, etc.

Peu après son Indépendance et conformément à la vision qu’elle s’était forgée de sa place et de son rôle futurs au sein de l’Europe, la Slovénie se portait candidate à l’entrée dans l’Union européenne. Ce pas décisif apporta une nouvelle dimension aux relations franco-slovènes qui se traduisit dans les faits par l’intensification des échanges d’experts dans les domaines des affaires européennes. Le Centre culturel français (Charles Nodier, depuis 1983, sur proposition du directeur de l’époque), qui avait changé de statut entre temps pour devenir un institut français en 1997, avait accompagné la Slovénie dans son processus d’adhésion à l’UE en 2004. Il organisa avec l’Académie administrative slovène un nombre important de cycles de formation destinés aux fonctionnaires des différents ressorts ministériels. Plus tard, lorsque ces derniers durent cette fois-ci se préparer à la Présidence du Conseil de l’Union européenne prévue au premier semestre 2008, L’institut mit sur pied avec l’aide du CEES-ENA des séminaires de formation destinés à la Représentation slovène à Bruxelles et aux hauts fonctionnaires de l’Etat slovène à Ljubljana. Enfin, et comme le prévoyait le Mémorandum signé en 2005 entre l’Etat slovène et l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Institut français s’était vu confier pour trois ans l’organisation des cours de français général et de spécialité pour un peu moins de 300 fonctionnaires slovènes. Un nouveau Mémorandum est actuellement en préparation que l’Institut est prêt à accompagner de la même manière pour les trois prochaines années. Aujourd’hui encore, l’offre de cours de français, qui vise cette fois un large public aussi, et l’organisation exclusive des examens du DELF et du DALF, demeurent parmi les priorités de l’établissement.

Durant ces trois dernières années, l’Institut a accompagné, par ses activités culturelles, les présidences du Conseil de l’Union européenne exercées par la Slovénie, puis par la France durant l’année 2008. L’institut contribua notamment à montrer l’excellence des relations de nos deux pays en coordonnant l’organisation commune de l’exposition Avènement d’une amitié. Episodes de la relation franco-slovène du 18ème siècle à nos jours, présentée en juin 2008 dans l’atrium de l’Hôtel de Ville de Ljubljana par les Archives du Ministère français des Affaires étrangères et les Archives nationales de la République de Slovénie en collaboration avec les Archives du MAE slovène. « Le Printemps franco-slovène » et son florilège de spectacles et d’événements culturels auront su, quant à eux, marqué les esprits pendant deux années consécutives (2007 et 2008). De même, la célébration du bicentenaire des Provinces illyriennes, à l’occasion de laquelle l’IFCN réalisa un cycle de conférences dans les murs du Musée national et coordonna avec le Musée de la ville les préparatifs de la magnifique exposition que ce dernier accueillit en 2009, mettait en exergue la richesse du passé historique commun aux deux pays.

Si la mission de l’IFCN s’est étendue et approfondie en termes de contenu, l’image de cette institution n’est pas en reste non plus. Après la dénationalisation de l’immobilier au milieu des années 90 en Slovénie, l’IFCN dut quitter la Slovenska et se mettre en quête d’un nouveau toit. Son installation à Breg 12 lui offrait non seulement une vue splendide sur les berges de la Ljubljanica, mais encore et surtout beaucoup plus d’espace. Son déménagement en 1998 lui permit ainsi de réunir en un même lieu tous ses secteurs : le Bureau de coopération linguistique qui était situé jusqu’alors à Presernova, son service de coopération scientifique et technologique que l’Institut Jozef Stefan avait eu l’amabilité de loger, son service pour les manifestations culturelles et sa médiathèque, tous deux situés auparavant sur la Slovenska. Citons, parmi les derniers directeurs, Mme Christine Schell, MM. Bernard Micaud, Dominique Geslin, M. Jean-Jacques Victor. Depuis 2012, l’Institut français de Slovénie est dirigé par Mme Anne Duruflé.

L’installation de la médiathèque dans les nouveaux locaux a été également l’occasion de moderniser les services réservés à ses utilisateurs (création du site internet), ainsi que d’informatiser le prêt des livres, DVD, revues, etc. La connexion de son fonds au réseau slovène COBISS (www.cobiss.si), qui permet notamment l’accès depuis tout le territoire slovène par le truchement du service de prêt inter-bibliothèques, a été assurément un des acquis les plus importants de cette institution. L’objectif de l’Institut ayant en effet toujours été de permettre aux Slovènes le meilleurs accès possible aux informations liées à la France contemporaine. En ce sens, l’Institut est aujourd’hui encore une porte directement ouverte sur la France, et sa culture. La médiathèque propose près de 13.000 documents couvrant tous les genres littéraires (roman, poésie, théâtre, BD, etc.) et toutes les époques, avec une prédilection pour la littérature contemporaine et les sciences humaines et sociales., l’Institut s’étant orienté ces dernières années vers la promotion de la pensée française au sein du débat d’ idées. De plus, elle dispose d’un fonds important de documents destinés à l’enseignement et à l’apprentissage du français langue étrangère et d’un choix de près de deux cents ouvrages de littérature contemporaine en traduction slovène dans le cadre du Programme d’aide à la publication Valentin Vodnik, mis en œuvre par l’Institut depuis une quinzaine d’années. De nombreux films en DVD et CD de musiques francophones et un grand nombre d’abonnements à des périodiques français extrêmement variés (politique, cinéma, musique, etc.) complètent cette offre. La médiathèque est par ailleurs un lieu vivant de la relation culturelle franco-slovène où de nombreux écrivains français ont été accueillis ainsi que leurs collègues slovènes tels Boris Pahor ou Brina Svit. A l’heure de la numérisation qui soulève dans le milieu du livre bon nombre de questions très débattues en France, la médiathèque , elle aussi, modernise ses techniques de prêt et ne cesse d’accroitre le nombre de ses documents numériques en consultation.

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