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AUTRES RIVAGES – LA MER BALTIQUE / TRANSSIBERIADES

Photographie

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Expositions de KLAVDIJ SLUBAN :

- 20.6.-31.7.2012 /AUTRES RIVAGES – LA MER BALTIQUE, Galerija Fotografija, Ljubljana
- 20.6.-31.7.2012/ TRANSSIBERIADES, Galerija Vžigalica, Ljubljana

Né le 3 mars 1963 à Paris. Enfance à Livold (Slovénie). Etudes secondaires et supérieures en France. Se passionne pour la photographie dès l’adolescence. En 1986, obtient une maîtrise de littérature anglo-américaine ("L’adolescent dans la littérature anglo-américaine"), effectue un stage de tirage noir et blanc dans l’atelier de Georges Fèvre, puis voyage. A son retour à Paris, enseigne l’anglais. Puis s’installe à la campagne, en Slovénie. En 1992, revient en France et se consacre à la photographie. Il voyage successivement dans les Balkans, autour de la mer Noire, en ex-Union-Soviétique, autour de la mer Baltique, dans les îles de la Caraïbe, à Jérusalem, en Amérique latine et en Asie-Chine (par le train transsibérien), Japon, Indonésie-Jawa, Bali, Sulawesi. Principaux cycles : Balkans-Transit ; Autour de la mer Noire - voyages d’hiver ; Tokyo Today ; Paradise Lost ; Jérusalem(s) ; Autres rivages - la mer Baltique ; Transsibériades (voyages en Transsibérien : Russie et Chine) ; CentroAmerica - d’une Amérique l’autre ; Entre parenthèses : jeunes détenus à Fleury-Mérogis en ex-Yougoslavie et en ex-Union Soviétique. De 1995 à 2005, au Centre des Jeunes Détenus de Fleury-Mérogis (Essonne), il anime un atelier de reportage avec les adolescents. Leurs travaux étaient exposés au sein de la prison à la fin de chaque stage. Henri Cartier-Bresson est venu régulièrement les encourager, ainsi que d’autres photographes tels Marc Riboud et William Klein. Depuis 1998, poursuivant ce projet, il travaille de manière similaire, avec une dynamique et un échange photographiques, avec des jeunes détenus de centres de détention en ex-Union Soviétique (Russie, Ukraine, Géorgie, Moldavie, Lettonie), notamment dans les camps disciplinaires de Mojaïsk et d’Ikcha aux environs de Moscou, de Kolpino près de Saint-Pétersbourg, de Kaliningrad ainsi que dans les camps disciplinaires de Tbilissi et Khoni (Géorgie), Lipcani (Nord de la Moldavie) et Cesis (Lettonie). Depuis 2000, il a créé un atelier photographique à Celje (Slovénie) dans l’unique prison pour jeunes détenus du pays ainsi qu’à Krusevac et Valjevo (Serbie).

 »Klavdij Sluban se déplace à pied à travers les villes d’un Far Est abandonné, où sont passés les habitants ? Il en reste quelques-uns, emmitonnés dans le brouillard, quelques bêtes en fuite ou le dos au mur. À la recherche d’êtres humains, le photographe insiste au-delà de l’Europe, il pénètre en Asie, Russie, Mongolie, Chine, avec le transsibérien, mais il ne rencontre aucune densité humaine. Partout, la géographie prédomine et rend l’espèce humaine négligeable. Le photographe a la nostalgie de la neige maternelle de l’enfance qui le rebordait dans son coin de terre, mais ici la neige est devenue une lèpre blanche, elle ne recouvre pas le sol, elle le ronge. Son silence est oppressant. Le photographe utilise rarement une vitesse d’exposition rapide pour fixer une course, un mouvement. Il laisse plus souvent un temps de pause plus long sur le diaphragme fermé, pour que le silence imprègne la pellicule. L’immobile a besoin de plus de temps pour affleurer. L’immobile est l’état de grâce du moment messianique, non pas l’exaltation d’un avent, mais une fin de course. Une des dernières photographies revient à un portrait de notre temps, le visage d’une femme aux lèvres entrouvertes pour un baiser au néant, inversé dans un reflet. Elle s’adresse à un point qui la sépare irrémédiablement. C’est tout l’Est qui regarde ainsi vers l’occident. C’est le regard le plus muet de toute la série, il offre et réclame un salut et fait le silence en qui regarde. »

Extrait de la préface de Erri de Luca pour le livre Transsibériades, Editions Actes Sud

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