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LA POLITIQUE DE R&D EN SLOVENIE
Introduction
Le domaine de la Recherche et Développement (R&D) slovène relève de diverses organisations publiques et privées. La politique de recherche est sous la tutelle du Ministère de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie (MVZT), créé après les élections législatives de l'automne 2004, intégrant la politique d'enseignement supérieur et de recherche, auparavant sous la responsabilité du Ministère de l'éducation, de la science et du sport, et la technologie, auparavant sous la responsabilité du Ministère de l'économie.
Parallèlement, deux agences directement sous la tutelle de ce ministère ont été créées : l'Agence slovène pour la recherche et l'Agence slovène pour la technologie. L'Agence pour la recherche dont la création avait été votée par le parlement en décembre 2003 fonctionne officiellement depuis le 1er janvier 2005. A cet effet, l'ensemble des fonds publics destinés à financer la recherche lui a été transféré. Cette agence a en charge la mise en œuvre de la politique slovène en matière de recherche et développement ainsi que le financement sur projets de la recherche publique, dans les thématiques nationales prioritaires. Sur le meme modèle, l'Agence pour la technologie créée à la fin de l'année 2004 a pour but de stimuler le transfert de connaissance dans l'économie slovène.
L'organisation de la R&D en Slovénie dépend également d'autres corps gouvernementaux, au niveau de la prise de décision comme du financement, à partir des décisions gouvernementales.
1- Le Ministère de l'enseignement supérieur, de la science et la technologie (MVZT)
Le MVZT est l'organe politique majeur pour la R&D en Slovénie. Le ministre de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie est M. Jure Zupan, le secrétaire d'état M. Dušan Lesjak. Le MVZT héberge également l'Institut de métrologie de la République de Slovénie. Les quatre principaux services du ministère sont les directorats pour l'enseignement supérieur et la science, pour la technologie, pour la société d'information, et le service pour la coopération internationale et les affaires européennes.
2- L'Agence slovène pour la recherche (ARRS)
Créée de toute pièce sur vote du parlement en 2003, cette agence a connu une mise en route très chaotique, mais est désormais pleinement opérationnelle. L'agence slovène pour la recherche (ARRS), d'intéret public, a pour tâche de mettre en œuvre le Programme National pour la recherche et le Développement ainsi que promouvoir les activités de R&D, dans le cadre de son statut et du budget national. Elle a un pouvoir décisionnel dans la sélection des programmes et projets financés par le budget de l'état et d'autres sources de financement. Cette agence distribue la quasi-totalité du financement de la recherche publique dans le cadre d'un système d'appels d'offres. Le directeur de l'ARRS est M. Franci Demšar.
3- L'Agence publique pour la technologie (TIA)
Chargée de soutenir et d'encourager le développement de l'économie, cette agence publique pour la technologie (TIA) offre une aide financière aux programmes de développement d'entreprises, particulièrement aux programmes conjoints public/privé. En finançant des projets spécifiques, la TIA contribuera à la croissance des produits technologiques et des services dans l'économie slovène, en réalisant un transfert de connaissance indispensable. La directrice de la TIA est Mme Marta Svetina.
4- Objectifs pour la R&D
Les objectifs en matière de politique de recherche et développement sont assez simples : atteindre un taux d'investissements en R&D de 3% du PIB, conformément à la stratégie de Lisbonne, accroître l'efficacité des investissements publics, renforcer les ressources humaines, renforcer la coopération entre public et privé, renforcer le secteur privé, accroître la coopération internationale.
Pour réaliser ces objectifs, un programme national pour la R&D pour les années 2006-2010 a été adopté au parlement slovène en décembre 2005.
En outre, la recherche est pilotée en grande majorité par les programmes de recherche, de type Projet Intégré des PCRDT, et les projets de recherche.
Une spécificité slovène en matière de R&D est l'effort poursuivi depuis vingt ans pour la formation de jeunes chercheurs de qualité, grâce au programme "2000 jeunes chercheurs". D'autres documents et programmes concernent plus ou moins directement la politique de R&D : la stratégie de développement (juin 2005), le programme de réformes pour atteindre les objectifs de la stratégie de Lisbonne (octobre 2005), le Cadre des réformes socio-économiques pour améliorer la qualité de vie en Slovénie (novembre 2005) et enfin le plan national de développement 2007-2013 en préparation.
En outre, le développement de nouveaux centres d'enseignement supérieur et de centres de recherche en région afin de soutenir l'économie locale est fortement encouragé, comme l'attestent la création de l'université de Primorska et de l'université de Nova Gorica, tout comme la construction de la station marine biologique à Piran ces dernières années.
L'Etat consacrera un budget de 184 millions d'euros en 2007 et 196 millions d'euros en 2008 pour la science et le développement technologique.
5- Plan national pour la R&D 2006-2010
Un nouveau programme national de recherche et développement (ReNRRP) a été adopté par le Parlement slovène le 16 décembre 2005. Ce plan prévoit les orientations en matière de R&D pour la période 2006-2010, et l'articulation entre secteur privé et secteur public. Le plan assure l'augmentation selon un calendrier précis des investissements publics pour la recherche. En 2006 1.8% du PIB sera consacré à la R&D, 2.5% en 2008 et enfin 3% en 2010, selon les objectifs de la stratégie de Lisbonne. Ces 3% se subdiviseront en deux catégories, deux tiers des investissements étant consacrés au secteur privé, et un tiers au secteur public. 25 millions d'euros supplémentaires seront donc investis par l'Etat en 2006 pour la technologie, et 7.5 millions d'euros pour la science.
A cette fin, des domaines prioritaires de recherche pour lesquels un financement public sera garanti ont été établis: sont ainsi concernés les technologies de l'information et de la communication, les nouveaux matériaux et les nanotechnologies, les systèmes complexes et les technologies innovantes, les technologies pour le développement durable, la santé et les sciences de la vie.
Dix centres d'excellence ont été créés en rapport à ces priorités, grâce à l'utilisation des fonds structurels.
D'autre part, le programme propose un ensemble de mesures visant à rapprocher les investissements privés et le secteur économique de la recherche en favorisant l'émergence d'entreprises innovantes et les partenariats avec la recherche publique (instituts et universités). Il est également prévu de transformer en entreprises privées, les instituts publics de recherche dont les recettes hors budget de l'Etat sont supérieures à leur part de financement public. Des mesures stimulant cette coopération entre privé et public concernent également les aspects légaux, financiers et administratifs.
La stimulation de la coopération internationale et le renforcement des ressources humaines (notamment par le biais du programme "jeunes chercheurs") sont les deux autres points importants du programme.
6- Politique technologique
Pour améliorer la compétitivité de l'industrie slovène, qui souffre en terme de productivité d'une valeur ajoutée par employé trois fois inférieure comparée aux grands pays industriels européens, diverses mesures ont été prises pour une politique industrielle "pro-active", grâce à la loi sur la recherche et le développement (décembre 2002), la loi sur l'entrepreunariat (2003), l'établissement des agences pour la recherche et pour la technologie (2004), la création des réseaux et des plateformes technologiques, (2004-2005), et du comité gouvernemental pour les réformes (2005). La responsabilité des ajustements structuraux revient aux entreprises, tandis que les interventions de l'Etat visent à maintenir un marché ouvert et compétitif et à organiser des approches intégrées.
Les objectifs poursuivis sont d'augmenter les investissements en R&D de 1,5% à 2% du PIB, d'augmenter la part d'entreprises innovantes de 28% à 40% (moyenne européenne), de réduire le déficit de productivité d'un facteur 3, et enfin de doubler la part de produits de haute technologie dans les produits manufacturés à l'export.
En outre, il a été décidé de créer un environnement stimulant pour l'innovation. Ainsi, quatre parcs technologiques, deux incubateurs d'entreprises, dans lesquels 10 000 employés travaillent dans 110 entreprises ont été crées, ainsi que 27 centres technologiques, dix-sept clusters regroupant 150 entreprises et 40 institutions. Plus de 1000 projets sont financés par le ministère chaque année, pour un total de 182,5 M€ (en ajoutant la contribution des entreprises).
Parmi les plateformes technologiques créées, citons les plateformes e-mobilité, photovoltaiques, cellules à hydrogène combustible, alimentation et santé, nouveaux matériaux, acier, chimie durable...
Un des meilleurs projets prévus sera la construction du nouveau parc technologique de Ljubljana. Le Parc a été fondé en 1995 et déménagera en 2007 dans de nouveaux locaux. Ce parc technologique lie 67 entreprises et 400 employés dont 75% ont une maîtrise. La plus-value par employé s'élève à 80.000 euros par an.
Un autre projet national porté par le MVZT sera permis grâce à l'utilisation des fonds structurels : un centre pour l'enseignement supérieur et pour l'innovation : VIS Politehnika.
Selon M. Zupan, le but de ce nouveau centre n'est pas une nouvelle institution, mais un assemblement de différentes entreprises, centres technologiques, instituts de recherche, l'Université de Ljubljana et d'autres participants intéressés dans les domaines de la science, de la biotechnologie, et de la technologie. Le projet VIS Politehnika, d'une valeur de 72 millions d'euros, est un des projets nationaux prévus pour 2007-2023 et devrait etre achevé avant 2013. Pour apporter une culture d'innovation et technique au public le plus vaste, le projet Politehnika VIS voudrait construire aussi une "maison des expériences" (sur le modèle de la cite des sciences et de l'industrie), avec des laboratoires pédagogiques.
7- les universités
Au total 73 341 étudiants de premier et deuxième cycle, 8 378 en études doctorales, et 6 137 professeurs, chercheurs et assistants. Une stagnation du nombre des étudiants dans les 1er et 2ème cycles est observée depuis 2001/2002, après une très forte augmentation depuis l'indépendance (+50% entre 1990/1991 et 2001/2002). Toutefois, le nombre de doctorants tend à augmenter de plus en plus rapidement, passant de 3000 en 1998/1999 à 8 378 en 2004/2005 (soit une multiplication par 2.8 !). Une grande différence dans le système universitaire est le nombre limité de places pour tous les cours, le nombre maximal étant proposé par les universités elles-memes et approuvé par le gouvernement : les étudiants doivent donc poser leur candidature pour entrer dans la filière de leur choix, un bureau centralisant les demandes.
Concernant la mise en place du processus de Bologne, signalons que toutes les facultés n'ont pas encore intégré le système, mais toutes doivent y parvenir pour 2009/2010. Les premiers programmes réformés ont démarré en 2005/2006. Une particularité de la réforme appliquée en Slovénie est le choix par certaines facultés d'adopter un système 4+1+3 et non 3+2+3, afin de rapprocher le grade licence du niveau du diplôme universitaire unique tel qu'il était délivré par les universités après 4 à 6 ans d'études.
Le budget pour l'enseignement supérieur en 2005 était de 222 M€, le MVZT consacrant 57% de son budget pour l'enseignement supérieur.
a- Université de Ljubljana
L'université de Ljubljana, fondée en 1919, compte aujourd'hui 23 facultés, 3 académies d'art, et un collège professionnel. En 2004/2005, 46 055 étudiants sont inscrits à l'université dans les deux premiers cycles, et 4 853 étudiants y suivent des études doctorales. 3 990 professeurs, chercheurs et assistants y travaillent. La rectrice est Mme Andreja Kocijancic.
Les principales facultés scientifiques sont la faculté de biotechnique, la faculté d'électrotechnique, la faculté de pharmacie, la faculté de chimie et de technologie chimique, la faculté de mathématiques et physique, la faculté d'ingénierie mécanique, et la faculté de médecine.
b- Université de Maribor
L'université de Maribor, deuxième université de Slovénie, a été fondée en 1975, compte aujourd'hui 13 facultés et un collège professionnel. En 2004/2005, 21 273 étudiants sont inscrits à l'université dans les deux premiers cycles, et 1 787 étudiants y suivent des études doctorales. 1 360 professeurs, chercheurs et assistants y travaillent. M. Ivan Rozman est le recteur de l'université de Maribor.
Les principales facultés scientifiques sont à Maribor sont la faculté d'électrotechnique et d'informatique, la faculté d'agriculture, et la faculté de chimie et de technologie chimique.
c- Université de Primorska
L'université de Primorska, située à Koper et Izola, sur le littoral adriatique, a été fondée en 2003, compte aujourd'hui 3 facultés et un collège professionnel. En 2004/2005, 3 788 étudiants sont inscrits à l'université dans les deux premiers cycles, et 622 étudiants y suivent des études doctorales. 395 professeurs, chercheurs et assistants y travaillent. Mme Lucija Cok, ancienne ministre de l'éducation, de la science et du sport, chevalier de l'ordre national de la légion d'honneur, est rectrice de l'université depuis la fondation. L'université de Primorska est plutôt centrée sur la littérature et les sciences humaines.
d- Université de Nova Gorica
L'université de Nova Gorica est la plus récente des quatre universités slovènes. Anciennement Ecole Polytechnique de Nova Gorica, institution d'enseignement supérieur et de recherche créée en 1995 et soutenue principalement par l'Institut Jozef Stefan, elle a acquis le statut d'université en 2006, et est en pleine réorganisation. Elle regroupe 5 facultés et une école. En 2004/2005, 946 étudiants suivaient des études de premier et deuxième cycles, tandis que 216 étudiants y suivent des études doctorales. M. Danilo Zavrtanik est pour le moment président-directeur de l'université, en attendant la désignation du premier recteur.
Les facultés scientifiques recouvrent les domaines suivants : sciences appliquées, sciences environnementales, ingénierie, viticulture et œnologie.
e- Autres institutions d'enseignement supérieur
Parmi les autres institutions d'enseignement supérieur citons en premier lieu l'école doctorale internationale Jozef Stefan, abritée par l'Institut Jozef Stefan. Trois cursus y sont proposés : écotechnologie, nanosciences et nanotechnologies, nouveaux médias et e-science. Le Professeur Robert Blinc, éminent scientifique slovène, en est le doyen.
Ensuite, nous pouvons citer entre autres, l'école postdoctorale de sciences humaines, l'école de management IEDC à Bled, le collège d'entrepreunariat GEA de Piran.
Au total, elles regroupent pour 2004/2005 2 225 étudiants de 1er et 2ème cycle et 1 116 étudiants inscrits dans des études doctorales.
8- les Instituts de recherche
Il y a en Slovénie 15 instituts de recherche gouvernementaux, 90 instituts de recherche privés à but non lucratif et 313 unités de recherche dans le secteur privé, d'importances diverses.
a- Institut Jozef Stefan
L'Institut Jozef Stefan est le plus grand centre de recherche en Slovénie, créé en 1949 à Ljubljana, pour doter le pays d'un Institut de physique de premier plan. Dès le départ, les recherches étaient dédiées à la recherche nucléaire, se diversifiant à partir de 1958, contribuant notamment à la construction du réacteur TRIGA, aujourd'hui utilisé pour l'entraînement pour la recherche sur les neutrons et la production d'isotopes, de la centrale nucléaire de Krško. Le directeur de l'IJS est M. Jadran Lenarčič.
Les activités de recherche sont aujourd'hui regroupées dans 4 départements : physique ; chimie et biochimie ; électronique et technologies de l'information ; techniques et énergétiques des réacteurs. 799 employés dont 369 avec un diplôme de doctorat.
L'IJS est très actif dans la coopération internationale, et complètement intégré dans l'espace européen de la recherche et a des contacts très forts avec les USA et le Japon. En coopération multilatérale, on dénombre en 2005 52 projets dans le 6ème PCRDT, 12 projets dans le 6ème PCRDT- Euratom, 24 dans le 5ème PCRDT et 1 dans le 5ème PCRDT- Euratom, 4 projets Eureka, 20 projets Cost, 8 projets OTAN, 13 projets AIEA (soit un total de 161 projets). En coopération bilatérale, on dénombre en 2005 175 au total. Les principaux partenaires en nombre de projets sont la Croatie (21 projets), les USA (21), l'Italie (17), la Serbie (17), la Grèce (13), le Japon (12) , l'Autriche (12), et la France (9). 677 projets ou programmes y on été menés en 2005, donnant lieu à 1249 publications.
Les revenus de l'Institut sont répartis en 2005 ainsi :
- Contrats avec le ministère 25.8 M€
- Autres contrats 5.3 M€
- Contrats internationaux 3.4 M€
- Total : 34.520 M€
b- ZRC Sazu
Le centre de recherche de l'académie des sciences et des arts slovène a été créé par cette académie en 1981 à Ljubljana. Il regroupe aujourd'hui 17 instituts, principalement en sciences humaines, et 301 professeurs, chercheurs et assistants. Budget de 12 080 000 €.
Les domaines de recherche portent sur langue slovène, l'histoire, la musicologie, la géographie, la paléontologie, l'archéologie, l'histoire de l'art, la littérature, la philosophie, les recherches sur le Karst, la biologie, l'histoire des cultures, l'anthropologie et les études spatiales. Le directeur est M. Oto Luthar.
c- Institut de Chimie
L'Institut de chimie a été fondé en 1946. Il regroupe aujourd'hui 16 laboratoires, pour 227 employés dont 97 avec diplôme de doctorat. Ses revenus, de l'ordre de 11 M€ en 2005, ont été multiplié par 2 en 8 ans. 200 publications en 2005. Pour la coopération internationale on dénombre 6 projets dans le 5ème PCRDT, 8 dans le 6ème PCRDT, 5 COST. En bilatéral, les principaux pays partenaires sont le Royaume-Uni, la Croatie et la France. Le directeur est M. Peter Venturini
d- Institut National de Biologie
L'Institut National de Biologie a été créé à Ljubljana en 1960. Les activités de recherche sont découpées en cinq départements : la station marine biologique de Piran, située sur la côte slovène et inaugurée en 2006 ; écosystèmes terrestres et d'eau douce ; entomologie ; physiologie des plantes et de biotechnologie ; toxicologie génétique et biologie du cancer. Les revenus de l'institut ont atteint 4 M€ en 2005 : ils ont été multipliés par deux depuis 1998.
95 projets ont été menés en 2005 au NIB, dont 22 internationaux (7 dans le 5ème PCRDT et 8 dans le 6ème). Il est dirigé par Mme Tamara Lah Turnšek.
e- Autres instituts
Parmi les autres instituts de recherche importants, citons l'Institut national d'Agriculture, l'Institut des métaux et de la technologie, l'Institut national de Géologie, l'Institut forestier, l'Institut d'ingénierie civile, l'Institut d'oncologie et le centre clinique de Ljubljana.
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